DIGITAL DAY, LE FUTUR EN MARCHE

Vous êtes chaque année plus nombreux au Digital Day de FigaroMedias, devenu désormais un vrai RDV de la profession.

Cette année encore– et malgré la concurrence d’une semaine très chargée en initiatives professionnelles, dont la Journée de la Presse Magazine – vous avez mis à dure épreuve la capacité des locaux du 14 boulevard Hausmann à tous vous accueillir. Nous y sommes quand même correctement parvenus et vous avez pu apprécier la qualité des intervenants – souvent très jeunes – qui ont pris la parole pour illustrer leurs réalisations et les derniers développements des médias digitaux.

Ce qui me frappe, me fascine et me rend optimiste pour le futur est de constater, à de telles occasions, la formidable capacité d’innovation que le numérique a démultiplié dans les métiers de la communication, quelle que soit l’origine des professionnels qui y concourent. Des jeunes de moins de 30 ans qui ont créé avec succès leur entreprise, des praticiens de longue date qui ont démarré dans le digital une nouvelle vie professionnelle, des entreprises – la presse – qu’on croyait condamnées qui rebondissent avec des succès éclatants.

J’espère que vous avez partagé avec moi ces sensations, ces émotions, ces convictions. Et je vous donne RDV sans tarder pour le Digital Day V4.

Luciano Bosio, Vice-Président FigaroMedias

LES APPLICATIONS DU FUTUR

Netexplorateur est un observatoire fondé en 2008 pour identifier et comprendre les usages émergents du numérique dans le monde. Chaque année, lors de son forum, Netexplo récompense 10 lauréats dont les innovations sont susceptibles d’être adoptées par la population (Twitter a été primé en 2008).

Ce tour du monde des applications permet également de décrypter les prochaines tendances du digital :

- « TRACK & PROFILE » : des applications de surveillance médicale aux applications qui surveillent qui fait quoi et quand, le digital oscille entre « Godfather » et « Big Brother ». Va-t-on vers une sécurisation ou une oppression, de l’assistance ou du flicage, de la facilité de vie ou de l’aliénation ?

- « SWAY CAPITAL » : Le poids de l’influence. Les réseaux sociaux, d’abord vitrines de l’individu, ont muté pour devenir des outils de coopération et d’entraide, puis de buzz pour son « identité numérique ». Aujourd’hui, le média social devient un média trésor : « est-ce que je peux monétiser mon carnet d’adresse ? »

- « MATCH MARKETING » : l’ultra-personnalisation des offres en fonction des besoins et goûts de chaque individu.

Ces évolutions posent 3 questions : l’omni surveillance est-elle viable ? Ne se dirige-t-on pas vers une hyper individualisation? Comment monétiser ces nouveaux usages digitaux ?
… et engendrent 3 réactions : demande de transparence (« si vous savez tout de moi, je veux savoir aussi ce que vous faites » ) ; augmentation de la contestation et apparition de contre-pouvoir (Anonymous, Wikileaks) ; Emergence de micro réseaux communautaires (Path, Diaspora… )

Dans ce contexte, la marque, en gagnant la confiance de son client, devient le refuge de la crédibilité et d’acceptabilité de ces relations individualisées.

Thierry Happe - Co-fondateur et président de Netexplorateur// Téléchargez la présentation

LES NOUVEAUX USAGES DE LA MOBILITE

Cet atelier nous a proposé des résultats en avant-première d’études menées par Ipsos et Mediametrie sur les nouveaux usages des tablettes et smartphones. Ces premiers résultats permettent  de confirmer la complémentarité dans les fonctions et lieux d’usage de chacun de ces nouveaux écrans. La tablette est l’écran nomade du foyer avec 92% des équipés qui l’utilisent à domicile et 65% qui s’en servent  entre 17H et 21H en semaine. Le profil des ipaders est proche de celui de l’iphone lors de son lancement (hommes, CSP+, urbains), alors que celui des mobinautes tend à se rapprocher dorénavant du profil des internautes.
Les smartphones apparaissent principalement comme un outil communicationnel où les applications représentent  44% du temps passé. Les mobinautes utilisent prioritairement des applications utilitaires (91%/mois) alors que les tablonautes recherchent avant tout le divertissement (97%) et l’actualité (83%)

Laurent Battais - Directeur exécutif Performances et Cross Médias Médiamétrie et Bruno Schmutz - Directeur Général IPSOS MediaCT France //Télécharger la présentation

DATA JOURNALISTES ET JOURNALISTES HACKERS

Entre devoir citoyen et story-telling, exhaustivité et relativité des données, les avis sont au moins unanimes : le data-journalisme repose sur un trio de compétences-clefs :
Techno (traiter et compulser « le déluge » des données disponibles) / Investigation (en participation avec l’audience, le citoyen qui peut prendre une part active) / Design (rendre les données expressives, les restituer sous forme + visuelle, + conversationnelle, + analytique)

Pour Guillaume Dasquié, avec le data-journalisme c’est le lecteur/internaute qui va désormais donner un angle à l’information: le data-journalisme ne soutient plus une opinion, mais offre une source d’information croisée et mutualisée.  Alors que pour Caroline Goulard,  la data n’étant pas transparente, ni objective par nature, il faut la transformer en lui donnant un angle : créer la dynamique, du « story telling ».
L’enjeu constant est justement de proposer l’exhaustivité des infos et de contextualiser pour éviter l’écueil d’une donnée à laquelle on pourrait faire dire tout et n’importe quoi.

Guillaume Dasquié souligne les (fortes) implications politiques au data-journalisme : dans un contexte de plus en plus critique, il met en œuvre l’information à la manière des moins de 25 ans, la population la moins politisée mais la plus engagée dans des courants « hacktivistes » comme les Anonymous. 
Le data-journalisme est actif et citoyen, il recherche la contradiction, la vérité « crue ». Il combine journalisme d’enquête et  mise en ligne contributive de l’information.
Et ne pas oublier : Le data-journalisme reste du journalisme : il recueille, il vérifie, il hiérarchise.

La dimension expérientielle de l’information est extrêmement forte et sera le point de différenciation entre medias/producteurs de contenus, au contraire d’une démarche de sur-information. 
Ainsi, la compétition doit s’engager sur cette question : qui produira la meilleure expérience d’info (interactivité, graphisme, immersion dans l’info) ?

La grande nouveauté journalistique du data-journalisme est de pouvoir proposer des infos très complexes de façon très simple.
Le data-journalisme rend possible cette contextualisation, grâce au design, à la visualisation de données. Il donne les mêmes armes à toute l’audience pour comprendre l’info.

Quelques exemples de traitement de l’information à partir de Data :

- Le véritomêtre LCI-Owni - ici -    

- Les données relatives au parrainage électoral - ici -

- Une frise géographique & chronologique pertinente sur les évènement de la Guerre d’Algérie - ici -

- Les connexions entre pouvoir / business / mafia en Europe de l’est - ici -

- USA - programme budgétaire Obama 2013 - ici -

- « Top Secret America » : les secrets de l’agence de sécurité américaine et ses connexions - ici -

- Timeline agrégeant les contributions/posts des réseaux sociaux sur les émeutes de Lontres - ici -

- Timeline & cartographie des évènements  du Printemps Arable - ici -

Caroline Goulard - co-fondatrice de Dataveyes, Guillaume Dasquié - Directeur de la Rédaction d’Owni.fr et Bertrand Gié - Directeur des Nouveaux Médias Figaro

LA DATA FUTURE MONNAIE D'ECHANGE SUR LE DIGITAL ?

L’enjeu de la data est le ciblage d’audience permettant de diffuser la bonne information ou publicité au bon moment à la bonne personne. Cette nouvelle donnée engendre de nouvelles attentes de la part des annonceurs qui se traduisent par une très forte croissance des publicités digitales ciblées : chaque année plus de 1 milliard de données sont commercialisés avec des progressions de +100% à 200%. Pour répondre à ces besoins, les éditeurs de contenus s’organisent  en créant de nouvelles plateformes AdExchange qui permettront de gérer les data.
FigaroMedias s’est d’ailleurs associé à TF1 Publicité, Amaury Médias et Lagardère Publicité  pour proposer sa propre plateforme, un outil qui offrira la possibilité de cibler les internautes sur des supports puissants au sein de contenus premium. Reste maintenant pour les marques un enjeu majeur de gestion de la pression publicitaire auprès des internautes pour ne pas paraître intrusif.

Alain Sanjaume - Directeur Général France et UK eXelate Media // Téléchargez la présentation

LES STRATEGIES DIGITALES EN CAMPAGNE PRESIDENTIELLE

L'INNOVATION FAIT-ELLE PEUR ?

Débat animé par Isabelle Musnik, Directrice de la rédaction et des contenus d’Influencia, à l'occasion de la parution du 1er numéro du magazine papier "Influencia", réalisé en partenariat avec Le Figaro.
En présence de Michael Dandrieux, chercheur au CEAQ, sociologue de l’imaginaire et Christian Gatard, à la tête de Gatard et Associés, responsable de la collection « géographie du futur ».

Michael Dandrieux a évoqué en particulier l’obsolescence programmée, ensemble des techniques visant à réduire la durée de vie ou d’utilisation d’un produit afin d’augmenter le taux de remplacement.
Publicité, crédit et obsolescence programmée sont les 3 idées sur lesquelles repose notre modèle de consommation. La publicité crée du désir, facilité par les mécanismes du crédit, puis les logiques d’obsolescence programmée accéléreraient la répétition du cycle. 

Michael  Dandrieux rappelle une phrase de Marshall McLuhan : « Si ça marche, c’est que c’est obsolète ». Le travail d’innovation n’est pas dans le fait d’amener quelque chose de nouveau sur le marché, il est dans le fait de le produire. Le moment où l’objet est produit, il faut passer à autre chose.

Face au déluge informationnel et technologique, Christian Gatard, de son coté, a réfléchi à quelles vont être les « arches de Noé » de demain et mentionne 3 points :
-un appel,  un retour à la nature 
-un besoin de clubs de silence : des lieux de conversation purs, avec la possibilité de se régénérer
-des séances de thérapie holistique via les tablettes qui nous donneront accès à tous les mythes, à toute l’histoire de l’humanité  afin de reconfigurer sa propre situation et y trouver peut-être  des solutions pour soi.

Il a également abordé le ré-enchantement de la notion de marque. Dans un monde difficilement lisible, nous avons besoin de phares, les marques peuvent faire ce travail. Les marques parrainent aujourd’hui des évènements, demain elles parraineront des individus. Et les individus se regrouperont autour de cette notion de marque.
Consulter la revue Influencia, éditée en partenariat avec le Groupe Figaro.

MOBILE, TABLETTE, ORDINATEUR, NETBOOK...BIEN DECLINER SA PRESENCE SUR LE DIGITAL

Aujourd’hui, la variété des devices implique des multiplicités de typologies, de résolutions et d’orientations d’écrans, qui sont autant de variétés et donc de contraintes dans l’expérience digitale.
Cette variété de supports s’accompagne d’une multitude de capacités de visualisation de l’information, modifiant les usages de consommation media : multiplicité des lieux et moments de consultation, fractionnement des parcours…
« Des choses qui fonctionnent bien sur un média, peuvent ne plus du tout fonctionner quand on est sorti du contexte. Il faut donc penser les contenus en fonction des parcours de consommation, » précise Jérémie Abric, Directeur de la stratégie chez Dagobert.
Décliner sa présence c’est donc travailler « l’expérience » utilisateur sur différentes plateformes et la prolonger sur différents médias.

Pour cela, Jérémie Abric répertorie 3 manières de faire :

attendre et espérer la consultation media sans modifier des contenus par rapport aux supports… Risqué !

- créer une version par support. Cette manière offre une expérience forte de navigation mais engendre des contraintes de coûts et des délais de production importants.

- adapter une unique version ce qu’on appelle « le responsive design ». Quelque soit la résolution, le navigateur, le support, il s’agit de proposer une expérience de navigation adaptée. Toutefois, cela requiert un développement très long et nécessite une créativité encadrée.

Il est donc impératif d’avoir une approche globale lors de la construction de sa stratégie digitale. Cela implique de bien connaitre sa cible (ses besoins, ses usages, ses habitudes, ses équipements, ses connaissances) afin de créer un parcours et construire une/des expériences adaptées.
« Décliner sa présence digitale, c’est la décliner par la forme et la rendre accessible mais aussi la décliner sur le fond ».

Une vision partagée par le Groupe Figaro :  en proposant à la fois des « liseuses », des applications servicielles (TV Mag, Scope) ou des produits entièrement nouveaux (iMad), les développements du Groupe sont systématiquement pensés en fonction du contenu, de la cible et du device. 

Jérémie Abric - Directeur de la stratégie Dagobert et Pascal Pouquet - Directeur des Nouveaux Médias Figaro // Télécharger la présentation Dagobert

A QUOI CA SERT UN FAN FACEBOOK ?

Chaque jour, il y a en France 15 millions de demandes d’amis sur Facebook, dans le même temps, il y a 50 millions de « like » sur des pages de marques. Certains sites ont plus de fans sur Facebook que de visiteurs uniques sur leurs sites…

Les réseaux sociaux prennent de plus en plus d’importance sur le plan quantitatif et qualitatif : les personnes que l’on connait sont l’une des premières sources de confiance lorsqu’il s’agit de prendre une décision.

Avoir des fans permet d’établir une conversation. Mais pourquoi aller sur les réseaux sociaux ? En effet, il faut avoir un objectif et une finalité. Quand un individu like une page, il déclare un intérêt pour une marque, mais la marque doit utiliser cet intérêt pour enclencher le dialogue et ainsi créer une réciprocité nécessaire à la visibilité de la marque.

L'optimisation de la visibilité passe par l'optimisation des 3 critères de l’algorithme de Facebook : l’affinité, le poids de la publication (photo, format, texte), et le facteur temps (délai entre 2 publications). L’affinité est un critère prépondérant, car la visibilité sur Facebook s’améliore avec le nombre de contenus « likés » par les internautes, de même que le module « +1 » de Google Plus influence les résultats dans le moteur de recherche Google.

La richesse de Facebook réside dans la segmentation des clients, laquelle permet d’optimiser la diffusion des messages sur des cibles très précises. Il convient donc d’utiliser cette segmentation pour adapter ses messages et donc améliorer sa visibilité.

Sandrine Plasseraud - We Are social

PUBLICITE SUR MOBILE, CE QUI FONCTIONNE ET POURQUOI ?

A travers l’analyse des choix publicitaires des plus grands annonceurs américains et des bases de données de post-tests publicitaires réalisées par l’institut, Millward Brown fait la synthèse des méthodes qui fonctionnent pour émerger sur le mobile.
Si le mobile est choisi en complément des autres médias pour sa faculté à délivrer un message immédiat (57% des annonceurs américains interrogés), à travailler le ROI (54%), il va également être joué pour travailler l’engagement (52%) et optimiser le taux de couverture (49%). Le mobile est en outre de plus en plus utilisé pour d’autres effets de levier propres comme la géolocalisation ou la réalité augmentée.

L’analyse des banques de données indique 5 facteurs clés de succès sur mobile :

1 - Maximiser la place de la publicité sur l’écran. Les publicités occupant le plus d’espace sur l’écran attirent davantage l’attention des consommateurs.

2 - Proposer des messages simples et impactants. Un critère qui revêt d’autant plus d’importance que la taille de l’écran est restreinte

3 - Jouer au maximum les possibilités de ciblage permises par le device.

4 - Travailler les interactions avec le consommateur, qui est une source d’engagement.

5 - Bénéficier de l’effet nouveauté en faisant partie des early adopters du media.

In fine, l’institut pointe une efficacité réelle et mesurée du media, notamment par rapport au on line, sur l’ensemble des étapes du chemin de conviction : la notoriété assistée, l’attribution, l’opinion vis-à-vis de la marque et les intentions d’achat.
Au-delà du ROI immédiat, le mobile démontre ainsi une vraie faculté à travailler la relation à moyen terme avec la marque.

Benoit Tranzer – Millward Brown // Télécharger la présentation